Christ est vivant !

 

Nous entrons ce dimanche dans la Semaine Sainte qui va marquer la fin de notre Carême et la Passion du Christ nous conduisant à Pâques. 

En ce jour de Pâques, nous allons fêter la Résurrection du Christ encore plus solennellement que les autres di-manches mais surtout la victoire de la Vie pour l’éternité. Une des significations du mot « Pâques » en hébreu est « passage ». Le Christ n’est pas revenu à ce qu’il était lors de son séjour terrestre parmi nous, il est entré avec son humanité dans sa gloire de Fils de Dieu auprès du Père. 

Croire à la Résurrection est comme un phare qui nous indique la bonne direction au milieu de nos tombeaux, affrontés chaque jour à nos désespoirs, nos deuils, nos maladies, toutes nos peurs. La Résurrection n’est donc pas à reporter uniquement à l’échéance finale de notre vie, elle est déjà en partie réalisée dans la Communion vitale au Christ par la Foi et l’Amour. Par le baptême, nous sommes attachés à Jésus-Christ si fortement que nous sommes dès maintenant avec Lui, et Lui en nous, toujours et partout. Sa Vie de ressuscité coule en nous. Si notre Foi nous enracine solidement en Lui, les forces de mort qui nous menacent et nous assaillent ne peuvent avoir le dessus et nous emprisonner, pas plus qu’elles n’ont pu vaincre Jésus. 

Si la Résurrection est déjà à l’oeuvre au présent de nos vies, elle doit être perceptible. Elle doit nous faire sortir de nos multiples tombeaux, pas ceux des cimetières, mais ceux où l’être humain s’enferme ou est enfermé. La résurrection est en marche lorsqu’un homme ou une femme surgit de son tombeau de haine ou de violence, quand il s’arrache de la rancune qui le ronge pour le faire émerger dans la lumière de la paix et de la réconciliation. La résurrection est en marche lorsque l’Amour du Christ prend place dans nos vies, qu’il la transfigure et permet d’entamer une existence nouvelle avec les autres et avec Dieu. La résurrection est en marche quand un homme ou une femme abandonne le tombeau de son échec, de ses déceptions qui l’empêchent de croire encore à la vie, au bonheur, à l’amour et à elle ou lui-même tout simplement. 

En découvrant que ce n’est pas le passé qui compte pour Dieu mais l’avenir, on renait à l’espoir. Je pourrais prolonger cette liste des tombeaux vides où brille la lumière du Ressus-cité. 

Chacun de nous ne doit-il pas se demander en ce jour de Pâques : dans ma vie d’aujour-d’hui, quel est le tombeau d’où le Christ m’appelle pour émerger vers une vie nouvelle ? 

Soyons, les uns pour les autres, signes de résurrection. Que ce temps pascal, qui va s’ouvrir, puisse nous y aider. 

Bonne et pieuse Semaine Sainte 

Bonnes et joyeuses fêtes pascales 

Jean-Yves Le Huérou, diacre permanent