Avent : période d’attente, de patience, de confiance…

Voici déjà le temps de l’Avent qui revient, voici le temps d’entrer dans l’attente joyeuse de l’événement qui a changé le cours de l’Histoire : la naissance du Fils de Dieu parmi les hommes.
Le temps de l’Avent est un temps d’attente joyeuse car c’est la naissance d’un enfant que nous attendons. Le temps de l’Avent nous rappelle aussi que le projet de Dieu peut bouleverser toute chose, et cela dans la plus grande discrétion. Qui connaissait alors le village de Naza-reth ? Qui se souciait de Marie, une jeune fille pas encore mariée ? Le temps de l’Avent nous rappelle enfin que pour Dieu les choses arrivent à leur heure et que nous ignorons ces délais. Nous sommes invités à Lui faire confiance.
Nombreux étaient alors ceux qui attendaient le Sauveur et qui s’impatientaient. Certains lan-çaient des mouvements révolutionnaires (du type des fameux zélotes qui feront parler d’eux plus tard), d’autres créaient de nouveaux courants spirituels (comme les esséniens de Qumrân).
Aussi, nombreux ceux qui ne voulaient aucun changement pour rester maître de leur pouvoir politique (comme le roi Hérode) ou religieux (pharisiens scribes…).
Mais Dieu, Lui, s’est contenté d’envoyer un petit enfant, né comme un pauvre ou un marginal, dans une étable. Il a fallu les yeux très purs de la Vierge Marie, très simples des bergers, très contemplatifs des anges, très confiants de Syméon et Anne ou très ouverts et curieux des mages pour le reconnaître alors. Il faudra trente ans de patience au reste du peuple pour dé-couvrir celui qui s’est manifesté, quand son heure est venue.
Nous sommes invités, nous aussi, pendant ce temps de l’Avent à rendre notre regard pur comme celui de la Sainte Vierge, contemplatif comme celui des anges, simple comme celui de bergers, confiant comme celui de Syméon.
Or, précisément nos paroisses sont en train de vivre, elles aussi, un temps de transition. Bien sûr, il ne s’agit pas de quelque chose d’aussi grand et beau que l’Incarnation, rien de compa-rable… mais seulement de l’accoutumance progressive d’un curé à ses nouvelles communau-tés, des communautés à leur nouveau curé.
Certains voudraient que rien ne change, mais c’est impossible : un prêtre de moins sur l’en-semble paroissial (départ des pères Jean Provost et Louis Hervouet pour mon arrivée seule) oblige à des changements. Mais surtout, je ne suis pas de la même génération que mes prédé-cesseurs, je n’ai pas la même histoire, les mêmes charismes… cela, naturellement, pousse au changement. La communauté aussi change : certains vieillissent, d’autres partent, certains arri-vent ou ont de nouvelles disponibilités. Nos paroisses sont vivantes et donc elles évoluent, ré-jouissons-nous-en !
D’autres voudraient que tout change plus vite, ou au moins que dans leur domaine d’action ou de service, le rythme s’accélère. Mais il faut du temps pour rencontrer les personnes, découvrir les histoires de chacun, les fonctionnements en place… il faut plus de temps encore pour éva-luer et comprendre les habitudes et usages locaux pour pouvoir, à la fois respecter, accompa-gner et donc faire progresser, ou rectifier ce qui existe et ce qui se vit. N’oublions jamais qu’il s’agit d’abord et avant tout de la vie, de la foi et du chemin de sainteté de personnes et non seulement d’administration, de dossier ou que sais-je encore.
Alors, chers amis, frères et soeurs, je vous le demande en ce temps de l’Avent : aidez-moi à mieux vous connaître, à mieux découvrir votre vie, à mieux adapter notre vie paroissiale au défi nouveau de ce temps et de l’évangélisation. Apprenons à vivre ensemble, à travailler ensemble, à évangéliser ensemble, à devenir ensemble des saints, des disciples missionnaires, des enfants de Dieu. Que ce temps de changement se fasse dans la simplicité, sans précipita-tion ni blocages, mais dans une attente joyeuse à l’image de l’Eglise qui attend, en se réjouis-sant déjà à cause de la toute proche naissance de son Seigneur.
Bon Avent !
Père Christophe, votre curé