En lien avec les Eglises d’Afrique

Bien-aimés, chers tous,
Nous sommes dans le cycle de Noël et bientôt le dimanche de l’Epiphanie avec la présence des mages qui visitent la famille de Nazareth, encore à Bethléem, pour lui offrir des dons et des présents. Quelle leçon de générosité de la part des ces sages qui, après avoir traversé une bonne partie de la planète terre, viennent offrir leurs cadeaux à l’homme-Dieu au nom de toute l’humanité qu’est venu sauver le Fils de Marie et de Joseph ! Mais en réalité, c’est à Dieu lui-même que nous devons le premier geste de donation, dans le don de son Fils pour le salut du genre humain. Comme tels, les hommes sont appelés à imiter Dieu en donnant et se donnant gratuitement. Car tout vient de Dieu. Tout est pour Lui et tout est en Lui. « Qu’avons-nous que nous n’ayons reçu ? Et si nous l’avons reçu, pourquoi nous comporter comme si personne ne nous l’avait donné » (Cf. 1Co 4,7). Ainsi, donner à un plus pauvre que soi, un nécessiteux, est une manière de rendre actuel le don initial de Dieu fait à l’homme depuis la création du monde voulue en faveur de l’homme établi maître de tout le créé. Le ciel et la terre, et tout ce qu’ils contiennent, sont donnés gratuitement pour l’usage de l’homme. Curieusement, alors que Dieu ne fait que donner et se donner, l’homme est tenté de tout garder pour lui-même, de vendre tout en oubliant l’Auteur de ces biens. Or, ce qu’on donne pour le bonheur d’un autre a plus de valeur que ce que l’on thésaurise et qui ne sert qu’à nourrir son prestige puisque « L’argent qu’on garde pourrit, dit le proverbe, l’argent qu’on donne fleurit ». Jésus, Lui-même, nous rappelle ceci de fondamental : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement ». Et lorsqu’on sait que l’Eglise, depuis les origines, ne vit que de dons, on comprend alors que don-ner à l’Eglise, c’est participer à l’œuvre de l’évangélisation.
En Afrique en particulier, « L’évangélisation requiert, outre les moyens humains, des moyens matériels et financiers substantiels, dont bien souvent les diocèses sont loin de disposer dans des proportions suffisantes… (Ecclesia in Africa n°104). Les églises en Afrique ont des
investissements très importants, certes pour donner un visage de sacrement de salut à l’Eglise sur le continent, mais elles sont très loin de leur autofinancement et ont besoin des mains généreuses pour les soutenir. Quelques rares personnes ou diocèses peuvent avoir hérité d’un bien-faiteur. Mais en général, les paroisses et les diocèses vivent de la divine Providence. Il y a très peu de structures qui rapportent de l’argent aux églises en Afrique. Voilà pourquoi je voudrais saluer ici l’appel de l’Eglise de France à la générosité des paroissiens, le jour de l’Epiphanie, en faveur des églises africaines. Nous sommes tous invités à donner gratuitement ; nul n’est trop pauvre pour n’avoir rien à donner. Et il y a toujours un plus pauvre que soi. J’invite donc tous ceux qui entendront cet appel à ne pas fermer leur coeur mais à laisser déborder l’élan de leur générosité en donnant pour l’édification des églises en Afrique. Le Seigneur, Notre commun Donateur, vous le retournera à la mesure sans mesure de son immensité !
Père Ursule AGBANGLA