« Tous saint »

En ce temps de « Toussaint » n’allons-nous pas nous contenter de contempler la vie des saints. C’est très important sans doute, mais si cela ne nous invite pas à nous en inspirer pour trouver notre propre manière d’être des saints, alors cela ne sert à rien.
Dans l’encyclique « Fratelli Tutti » (FT) que vient de nous offrir le pape François, il y a une invitation très forte qui nous est lancée : celle de la charité. Voici comment le pape la décrit :
« Cette charité, cœur de l’esprit de la politique, est toujours un amour préférentiel pour les derniers qui anime secrètement toutes les actions en leur faveur ». (FT 187)
Par « les derniers », il entend les plus pauvres, les plus petits et les plus fragiles.
Mais le pape demande aussi l’amitié sociale qu’il décrit ainsi :
« Les autres cultures ne sont pas des ennemis contre lesquels il faudrait se protéger, mais des reflets divers de la richesse inépuisable de la vie humaine. » (FT 147)
Il doit donc y avoir le même rapport entre les personnes (charité) et entre les groupes humains, famille, culture, peuples, nations… (amitié sociale).
Être un saint, c’est donc travailler à son niveau pour faire grandir ces deux dimensions. Avec toujours un principe unique :
« Il faut « replacer au centre la dignité humaine et, sur ce pilier, doivent être construites les structures sociales. » (FT 168)
Si nous faisons ainsi : nous appuyant sur la dignité intangible de chaque homme, nous décidons de servir en premier les plus petits et de converger vers une amitié sincère entre tous : nous savons que nous sommes dans le plan de Dieu.
Mais celui qui prétend tuer son frère parce qu’il ne pense pas comme lui (terrorisme, extrémisme…), celui-là met ses idées au-dessus de la dignité humaine, il ne veut pas servir et aider à faire triompher la vérité, il n’agit nullement au nom de Dieu.
Et celui qui prétend avoir le « droit au blasphème » (fausse conception de la laïcité), insultant et ridiculisant ainsi non seulement la foi mais les croyants, celui-là aussi met une idée au-dessus de la dignité de son frère.
Nos idées doivent servir le Bien Commun et non asservir nos frères.
Reconnaître en tout homme un frère, un fils de Dieu qui, comme tel est le plus grand trésor dont nous puissions rêver, plus grand que tous nos biens, plus grand que toute nos idées, voilà ce qui nous introduit dans la communion des saints !

Père Christophe (votre curé)