La lectio du dimanche de Pentecôte

Dimanche 31 mai
Evangile de Jésus Christ selon St Jean (Jn17, 1-11)

dimanche de Pentecôte

Avant tout je vous propose un temps de prière autour du texte d’évangile, selon la méthode dites de la « lectio divina » (lecture divine, lecture de la Parole divine) en groupe (la famille ou personnellement) la méthode est juste ci-dessous.

Ensuite je reprends le texte et vous invite à une méditation partie par partie. Cela devrait vous aider à mieux comprendre le texte et à mieux l’assimiler mais rien ne vaut le temps de prière initiale.

         Bonne réflexion et prions les uns pour les autres !

P. Christophe

LECTIO DIVINA : LA METHODE

1- lire silencieusement le texte évangélique pour une meilleure compréhension

2- lire à haute voix (une personne) sans lenteur ni précipitation
En famille : Prière et partage

Silence pour intérioriser (3 minutes)

Expression libre : chacun est invité à dire le groupe de mots du texte qui lui parle, le touche ; les autres écoutent et accueillent sans questions ni commentaires

3- Relire le texte à haute voix (une autre personne)

Silence pour intérioriser (5minutes) : qu’est-ce qui me parle aujourd’hui ; comment cela touche-t-il ma vie ?

Expression brève pour ceux qui le souhaitent

4- relire le texte à haute voix (une troisième personne)

Silence pour intérioriser (5 minutes) : Quelle prière monte en moi ?

Expression libre et brève d’une prière

Terminer par un Notre Père en commun

Personnellement,
Intérieurement me mettre en attitude d’écoute

Lecture du récit haute voix sans précipitation ni lenteur
Silence pour intérioriser, puis noter et répéter la phrase qui me touche plus particulièrement
Nouvelle lecture
Silence pour intérioriser et pour comprendre comment vivre ce texte moi aussi.

 

Evangile de Jésus Christ selon St Jean (Jn 20, 19-23)

C’était après la mort de Jésus ;
19 Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
20 Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
21 Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
22 Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. 
23 À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

  • Réflexion ligne à ligne pour aider et guider la lectio divina

C’était après la mort de Jésus ;19 Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,

Il s’est passé beaucoup de chose déjà ce jour-là : la Résurrection, les anges, l’apparition à Marie Madeleine, le tombeau trouvé vide par Pierre et Jean et la foi de Jean, l’apparition aux femmes, la rencontre des disciples d’Emmaüs, une apparition à Pierre dont on ne sait rien d’autre qu’elle a eu lieu. Vient maintenant le soir…
C’est le premier jour de la semaine, jour de création ou de recréation, on l’appelle parfois aussi le huitième jour.

Et nous ? Quelle perception du soir avons-nous ? Souvent c’est le moment du repos, de la détente… pour les familles surtout avec des jeunes enfants c’est la course : devoirs scolaires, dîners, bains, couchages… Pour les maîtresses de maisons, c’est souvent le moment de faire ce qui n’a pas pu être fait avant… Et pour les chrétiens ? Je pense aux ouvriers de la 11ème heure, le soir venait et c’est là qu’ils ont enfin trouvé un emploi, un sens à leur vie. Savons-nous qu’il n’est jamais trop tard. Aux enfants du kt, lors de leurs premières confessions par exemple, qui disent je n’ai pas le temps de prier le soir… Je dois me coucher vite, je dis il n’est jamais trop tard : quand tu es couché quand la lumière est éteinte, parle au Seigneur, prie-Le et endors-toi avec Lui. Savons-nous qu’avec le Seigneur il n’est jamais trop tard ?

Alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs,

C’est un contexte de confinement : repli sur soi, peur de l’autre, difficultés à trouver un sens à tout cela…

Et nous ? Comment avons-nous vécu notre confinement ? Comment vivons-nous ce qu’il en reste : règlement, gestes « barrières »… Est-ce que nous réduisons les autres à un danger potentiel ? Est-ce que nous nous voyons comme un danger potentiel ? Où en est notre fraternité, notre désir de service et de communion ? Savons-nous accueillir celui qui vient nous servir, nous aimer ?

Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.

C’est notre condition à tous : Jésus vient ! Dans notre cœur priant Jésus vient ! Dans nos assemblées reconstituées Jésus vient ! Dans la Parole proclamée, accueillie et priée, Jésus vient ! Dans le sacrement de l’Eucharistie Jésus vient ! Dans le frère qui se met à notre service, Jésus vient ! Dans le frère que nous servons, Jésus vient !…

Et nous ? Savons-nous accueillir le Seigneur quand Il vient ? Savons-nous reconnaître le Seigneur quand Il vient ?

Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

A rapprocher de la béatitude : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. » (Mt 5, 9) Oui, le premier des artisans de paix, c’est le Christ et Il est bien Le Fils de Dieu. Mais ce jour-là Il donne à ses disciples, à son Eglise, à nous sa paix pour que nous devenions des artisans de paix, de sa Paix. N’oublions pas sa promesse : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. » (jn14, 27) Cette paix n’est pas une simple tranquillité mais d’abord la Communion avec Dieu par son Fils.

Et nous ? En quoi sommes-nous des artisans de paix, de communion avec Dieu et avec nos frères ? Que faisons-nous du grand commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Mt 22, 37)

20 Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.

Pour se faire reconnaître, Jésus montre ses blessures : Il est bien le crucifié, Celui qui était mort et mis au tombeau. Mais il ne montre pas toutes ses blessures, visages abîmées, couronne d’épines ou séquelles du fouet. Cela les disciples ne le voit pas car même ses blessures sont transformées dans la résurrection. Ce n’est plus un homme douloureux ou défiguré, c’est un homme plein de vie et de force dont les blessures sont plutôt un signe de sa gloire.

Et nous ? Savons-nous reconnaître dans les blessures du crucifié le signe de sa victoire sur le mal et la mort ? Pouvons-nous deviner dans les souffrances de ce monde, le lieu où va se révéler, où se révèle déjà la gloire de Dieu. Dans le pauvre où le souffrant, dans nos pauvretés et souffrances offertes, voyons-nous déjà le Christ rédempteur à l’œuvre ?

21 Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »

Ici se révèle la source de la Paix dont nous avons parlé tout à l’heure : La communion avec Dieu et avec nos frères prends sa source dans l’amour Trinitaire, du Père du Fils et de l’Esprit. Il vient jusqu’à nous par grâce de Dieu qui nous envoie. La grâce de Dieu veut que notre rapport au Christ soit semblable au rapport du Père pour le Fils.

Et nous ? Comprenons-nous que notre vocation, notre mission c’est d’imiter, selon le mode que Dieu veut, Le Christ. Savons-nous que nous sommes appelés à un tel amour du Christ que nous deviendrons image du Dieu d’amour dans le monde ? Comment le vivons-nous ?

22 Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. »

L’Esprit Saint est donc un don. Mais il y a aussi là un ordre, un commandement : Recevez ! Jésus a soufflé sur tous, il a donné à tous mais maintenant il y a un ordre qui malheureusement n’est pas reçu par tous, pas toujours… Recevez-le. Il ne suffit pas qu’Il soit donné (par Dieu) encore faut-il qu’Il soit reçu (par nous). Or la vie de disciple ne peut être vécue qu’en L’Esprit d’où cet ordre « Recevez l’Esprit Saint ».

Et nous ? Savons-nous que l’Esprit est répandu sur nous ? L’avons-nous reçu dans le Baptême Et la Confirmation ? (sinon, prenez contact en urgence avec la paroisse). Et comment le recevons-nous jour après jour ? (cf. ap 3, 20 : Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi.)

23 À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Jésus donne le pouvoir de pardonner les péchés à ses disciples, c’est-à-dire le pouvoir de réconcilier l’homme avec Dieu. C’est ma mission du Christ médiateur et Sauveur qui nous est donnée… « Comme le père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie »

Et nous ? Quand sommes-nous capables de vivre cette réconciliation médiatisée par l’Eglise, par le prêtre dans le sacrement de confession selon le désir et la mission exprimées par le Christ lors de cette apparition ?

 

En conclusion : Nous assistons à une apparition où le Christ donne beaucoup :
– Il donne des signes de sa Résurrection,
– Il donne sa Paix, Il donne l’Esprit Saint,
– Il donne le pouvoir de pardonner les péchés,
– Il donne sa mission à l’Eglise.
Mais à chaque fois, ce que nous voyons c’est en fait qu’au-delà des dons divers, c’est Dieu lui-même dans les personnes du Fils et de l’Esprit qui se donne ! Et il nous invite à Le recevoir et à l’imiter dans un amour total et sincère, voilà notre mission à nous.