La lectio du dimanche 28 juin

Dimanche 28 juin
Evangile de Jésus Christ selon St Jean (Mt 10, 37-42)

Avant tout je vous propose un temps de prière autour du texte d’évangile, selon la méthode dites de la « lectio divina » (lecture divine, lecture de la Parole divine) en groupe (la famille ou personnellement) la méthode est juste ci-dessous.

Ensuite je reprends le texte et vous invite à une méditation partie par partie. Cela devrait vous aider à mieux comprendre le texte et à mieux l’assimiler mais rien ne vaut le temps de prière initiale.

         Bonne réflexion et prions les uns pour les autres !

P. Christophe

LECTIO DIVINA : LA METHODE

1- lire silencieusement le texte évangélique pour une meilleure compréhension

2- lire à haute voix (une personne) sans lenteur ni précipitation
En famille : Prière et partage

Silence pour intérioriser (3 minutes)

Expression libre : chacun est invité à dire le groupe de mots du texte qui lui parle, le touche ; les autres écoutent et accueillent sans questions ni commentaires

3- Relire le texte à haute voix (une autre personne)

Silence pour intérioriser (5minutes) : qu’est-ce qui me parle aujourd’hui ; comment cela touche-t-il ma vie ?

Expression brève pour ceux qui le souhaitent

4- relire le texte à haute voix (une troisième personne)

Silence pour intérioriser (5 minutes) : Quelle prière monte en moi ?

Expression libre et brève d’une prière

Terminer par un Notre Père en commun

Personnellement,
Intérieurement me mettre en attitude d’écoute

Lecture du récit haute voix sans précipitation ni lenteur
Silence pour intérioriser, puis noter et répéter la phrase qui me touche plus particulièrement
Nouvelle lecture
Silence pour intérioriser et pour comprendre comment vivre ce texte moi aussi.

 

Evangile de Jésus Christ selon St Matthieu (Mt 10, 37-42

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : 37 Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ;

38 celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.

39 Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.

40 Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.

41 Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste.

42 Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

 

 

  • Réflexion ligne à ligne pour aider et guider la lectio divina

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : 37 Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ;

La phrase semble instaurer une concurrence entre les amours : amour du père et de la mère et amour de Dieu. Dieu nous ferait-il un chantage à l’amour ? Mais non ce n’est pas une concurrence mais une préséance : Dieu est infini, son amour est donc infini ; l’amour vrai est quelque chose de réciproque, notre amour pour Dieu a quelque chose d’infini, il tend vers l’infini ; si tel est cet amour rien ne peut le limiter, pas même l’amour de son père ou de sa mère, voilà pourquoi il est premier et supérieur, sans pour autant concurrencer ou limiter les autres amours.

Mais il peut arriver que l’amour humain d’un père, d’une mère pour son fils ou sa file et inversement, ne soit pas tout entier pur et désintéressé. Il y a alors le risque qu’il devienne captateur, ou manipulateur, ou même s’il ne cherche pas d’intérêt ou rien de mal, qu’il soit naturellement limité par la capacité des uns et des autres à aimer et se laisser aimer. Où sera alors l’amour de Dieu ?

En d’autres termes : plus on aime Dieu plus on aime les autres, mais si on « idolâtre » un père une mère… on limite notre amour à cette ou ces personne(s) et à leur capacité d’aimer, devenant incapable de l’amour infini de Dieu qui seul est digne de Lui.

Et nous ? Comment enracinons-nous notre capacité à aimer tout homme dans l’amour de Dieu ? Comment manifestons-nous notre amour de Dieu et à Dieu en aimant nos frères ?

38 celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.

La preuve de l’amour de Dieu c’est qu’il nous a donné son Fils Jésus, qui n’a pas hésité pour nous à renoncer à être égalé à Dieu (Phil 2) et même qui n’a pas hésité, lui l’éternel à mourir sur la Croix. La Croix est donc la preuve ultime de l’amour de Dieu qui s’offre à nous et pour nous. Ne aps vouloir de la Croix, ne pas suivre le Christ jusqu’à la Croix c’est donc refuser son amour et comme Il l’a dit à la phrase d’avant c’est donc ne plus pouvoir avoir accès à Celui qui EST l’amour infini.

Et nous ? Jusqu’où sommes-nous prêts à aller avec le Seigneur et pour Lui, que ne sommes-nous pas prêts à lui sacrifier ?

39 Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.

Il s’agit de comprendre de quelle vie parle Jésus. Nous ne sommes capable de trouver que notre vie naturelle, notre vie de créature. Cette vie est limitée et mortelle, nous la perdrons un jour. Mais celui qui fait confiance à Dieu au point de lui offrir sa vie, semble la perdre à cause de Lui mais reçoit en héritage la Vie Eternelle, celle qui ne passe pas, que nous garderons toujours.

Et nous ? Quelle confiance avons-nous dans la vie éternelle, quelle est notre Espérance ?

40 Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.

Par le Baptême, le disciple devient fils dans le Fils, c’est donc bien Le Fils que nous accueillons dans les fils… Le Père et le Fils bne font qu’un avec l’Esprit, c’est donc bien Le Père que nous accueillons dans Le Fils.

Et nous ? En tant que Baptisés, apportons-nous vraiment le Seigneur dans ce monde, au milieu de nos frères et pour nos frères ? Sommes-nous des témoins et même plus des instruments du salut de Dieu ?

41 Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ;

Le prophète parle de Dieu et au nom de Dieu pour le faire connaître et aimer. Quand j’accueille un prophète, je lui permets d’être prophète, je contribue donc à ce que Dieu soit connu et aimé, je deviens par le fait prophète moi-même et Dieu le sait. Il me récompense comme tel.

Et nous ? Avons-nous le désir d’être prophète ? Travaillons-nous pour la gloire de Dieu et le salut des hommes ?

qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste.

L’homme juste est ajusté à Dieu, c’est-à-dire qu’il correspond au désir de Dieu sur lui. Contribuer au bien être et à la réussite d’un homme juste, c’est donc contribuer à la réalisation du projet de Dieu, c’est être ajusté à Dieu, c’est donc être juste soi-même.

Et nous ? Avons-nous ce désir d’être ajustés à Dieu en cherchant à discerner notre vocation, notre mission ? Sommes-nous des artisans de paix qui cherchent à permettre à tous de s’ajuster à la volonté de Dieu ? Sommes-nous de ces artisans de paix que le Christ déclarent bienheureux dans le discours des béatitudes (Mt 5)

42 Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

N’allons pas croire que l’amour de Dieu passe seulement par les grands saints ou des prophètes extraordinaires, il est d’abord dans les petits, les humbles, les discrets et d’abord dans les actes simples et ordinaires de vie quotidienne, d’amour, de respect et de service humble.

Et nous ? saurons-nous servir humblement ? Saurons-nous rester ou devenir des petits, ces petits auxquels Jésus s’identifie : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! (Mt 25)

 

En guise de conclusion :

Ce texte qui semble si rude et abrupt au départ n’est en fait qu’une ode à l’amour. Il commence par nous placer devant l’amour de Dieu puis devant celui de nos frères qui s’enracine et grandit par l’amour de Dieu. Il nous invite à la confiance, à l’Espérance et à l’abandon à Dieu parce que son amour est infini mais aussi parce que nous nous savons pauvres et petits. La Grandeur contemplée de Dieu et l’humilité reconnue de l’homme que nous sommes quand elles se rencontrent permettent de vivre le grand commandement de l’amour et de trouver le chemin étroit, celui qui mène à Dieu et au Salut.