Méditons l’Évangile de dimanche

DEPUIS PLUSIEURS MOIS VOUS MÉDITEZ AVEC LA LECTIO-DIVINA DU PÈRE CHRISTOPHE.
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Dimanche 9 août – 19e dimanche ordinaire (A)
Evangile de Jésus Christ selon St Matthieu (Mt 14, 22-33)

Avant tout je vous propose un temps de prière autour du texte d’évangile, selon la méthode dites de la « lectio divina » (lecture divine, lecture de la Parole divine) en groupe (la famille ou personnellement) la méthode est juste ci-dessous.

Ensuite je reprends le texte et vous invite à une méditation partie par partie. Cela devrait vous aider à mieux comprendre le texte et à mieux l’assimiler mais rien ne vaut le temps de prière initiale.

         Bonne réflexion et prions les uns pour les autres !

P. Christophe

LECTIO DIVINA : LA METHODE

1- lire silencieusement le texte évangélique pour une meilleure compréhension

2- lire à haute voix (une personne) sans lenteur ni précipitation
En famille : Prière et partage

Silence pour intérioriser (3 minutes)

Expression libre : chacun est invité à dire le groupe de mots du texte qui lui parle, le touche ; les autres écoutent et accueillent sans questions ni commentaires

3- Relire le texte à haute voix (une autre personne)

Silence pour intérioriser (5minutes) : qu’est-ce qui me parle aujourd’hui ; comment cela touche-t-il ma vie ?

Expression brève pour ceux qui le souhaitent

4- relire le texte à haute voix (une troisième personne)

Silence pour intérioriser (5 minutes) : Quelle prière monte en moi ?

Expression libre et brève d’une prière

Terminer par un Notre Père en commun

Personnellement,
Intérieurement me mettre en attitude d’écoute

Lecture du récit haute voix sans précipitation ni lenteur
Silence pour intérioriser, puis noter et répéter la phrase qui me touche plus particulièrement
Nouvelle lecture
Silence pour intérioriser et pour comprendre comment vivre ce texte moi aussi.

Evangile de Jésus Christ selon st Mathieu (Mt 14, 22-33)

22 Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. 23 Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. 24 La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. 25 Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. 26 En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. 27 Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » 28 Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » 29 Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. 30 Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » 31 Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » 32 Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. 33 Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

 

Réflexion ligne à ligne pour aider et guider la lectio divina

22 Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque,

Jésus vient de faire participer les disciples à l’un de ses miracles. Il sait que la tentation de la vaine gloire, de l’orgueil n’est pas loin, alors il les oblige à partir pour ne pas avoir à subir cela.

Et nous ? quand le Seigneur fait des merveilles à travers nous, cherchons-nous à en tirer gloire et honneurs ? Savons-nous éviter ou lutter contre la vanité ?

et à le précéder sur l’autre rive,

Passer sur l’autre rive, c’est non seulement changer de lieu mais c’est aussi souvent un changement de vie ou de mission que le Seigneur propose. Ici en plus, les disciples doivent précéder le Seigneur. A rapprocher du premier envoi en mission des 72 :

Après cela, parmi les disciples le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. (Lc 10, 1)

La véritable mission des disciples : c’est de préparer les cœurs mais celui qui convertit, c’est Jésus lui-même quand il vient.

Et nous ? Sommes-nous prêts à accepter la mission que Dieu nous réserve, quitte à changer des choses dans notre vie ?

Sommes-nous prêts à préparer les cœurs de ceux que nous rencontrons pour qu’ils accueillent le Seigneur qui vient ?

pendant qu’il renverrait les foules.

Dimanche dernier, ce sont les disciples qui voulaient renvoyer des foules affamées et Jésus a refusé. Maintenant, c’est Jésus qui renvoie les foules rassasiées, et pour cela il doit obliger les disciples à partir ? Les disciples risquent de s’attribuer le miracle ou en tout cas, la gloire qui en découle ; les foules veulent plus du pain que de la Bonne Nouvelle… Les actes de Jésus pourraient sembler contradictoire mais en fait, ils s’adaptent au bien de chacun. Les personnes évoluent : donc le plan de Dieu change mais le but est toujours le même : notre bien, notre bonheur suprême , la sainteté.

23 Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier.

Pouvons nous imaginer la journée de Jésus : prédication, départ en barque, les foules le précèdent, il guérit les malades, il prêche, il multiplie les pains, il oblige les disciples à partir puis il disperse les foules ! le soir est là… On imagine la fatigue, mais Jésus gravit la montagne et prie…

St Augustin a écrit « mon âme se repose en paix sur Dieu seul » …

Et nous, savons-nous trouver notre mission, le sens de notre mission, la force d’accomplir cette mission et la joie de l’avoir accompli dans la fréquentation intime de Dieu dans la prière ? Savons-nous nous reposer en Dieu ?

Le soir venu, il était là, seul.

Cette solitude n’est pas un abandon mais une condition pour pouvoir percevoir une autre présence. A rapprocher du texte :

Et nous ? Savons nous réserver du temps seul à seul, face à face cœur à cœur avec Dieu ? « 06 Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. »

24 La barque était déjà à une bonne distance de la terre,

La Barque, c’est l’Eglise, la terre qu’elle vient de quitter, c’était le lieu de la tentation, mais aussi un lieu de facilité où le Christ était avec ses disciples. Ils ont fait ce que Jésus avait demandé, ils n’ont choisi ni la facilité, ni la tentation.

Et nous, savons-nous aventurer au large, prendre des risques pour mieux servir et obéir à Dieu ?

elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.

La mer représente le monde du mal, de la mort. Les vagues sont donc le péril et les assauts du démon. Le vent quand il pousse dans la Bonne direction, c’est l’Esprit-Saint mais dans le cas contraire, c’est donc le mauvais esprit.

Et nous, savons-nous résister aux tentations et aux esprits impurs qui nous poussent dans le mauvais sens, veulent faire sombrer l’Eglise ou nous jeter hors d’elle ?

25 Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.

Le temps où nous sommes assaillis par les esprits et par les tentations, c’est notre nuit. Jésus semble loin, absent alors qu’il prie pour que tout aille bien. Quand le temps de l’épreuve est passé, que nous avons résisté, Jésus vient. Rien ne peut l’arrêter, ni le vent contraire, ni les vagues, ni la mer.

Et nous ? acceptons-nous les silences apparents de Jésus comme un temps pour nous affermir, résister et recevoir l’aide de sa prière ? Sommes-nous sûrs qu’il vienne ?

26 En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés.

Ils n’ont pas encore la foi en Jésus, Fils de Dieu tout-puissant. Leur intelligence résiste devant ce qui parait impossible et leur foi ne peut pas encore les aider à surmonter cela.

Et nous, avons-nous « la foi qui transporte les montagnes » ? Savons-nous « espérer contre toute espérance » ?

Ils dirent : « C’est un fantôme. »

Non seulement, ils n’ont pas encore la foi mais en plus, ils se réfèrent à des superstitions irrationnelles.

Et nous ? Savons-nous nous tourner vers Dieu en toute chose, ou bien avons-nous encore besoin de soutiens illusoires : ésotérisme, magnétiseurs, conjureurs et guérisseurs en tout genre, jeteurs de sorts ou marabouts…

Pris de peur, ils se mirent à crier.

La peur et les cris sont le contraire de la confiance et de l’abandon que Jésus demande à ses disciples, comme le dit St Paul :

« (Rm 8,28) Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. »

Où en est notre Foi en Dieu dans les épreuves et les surprises de la vie ?

27 Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »

Ici, Jésus les invite à la confiance ; plus tard, ressuscité, Il ira plus loin :

« (Lc 24)36 Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »

37 Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.

38 Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? »

Au-delà de la confiance il demandera la foi, au-delà de l’absence de peur, il donnera la paix.

Le pape Saint Jean Paul II aimait répéter ces paroles de Jésus : « n’ayez pas peur » et nous, où en sommes-nous de la foi et de la paix vécues en Dieu ?

28 Pierre prit alors la parole :

Comme toujours c’est Pierre qui réagit le premier. Il est impétueux sans doute, mais aussi, il précède les autres dans la Foi.

Et nous ? Savons-nous nous laisser guider par des ainés dans la foi : conseil, direction, paternité spirituelle ?

« Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »

Vous voyez comment Pierre agit : il ne met pas le Seigneur à l’épreuve, mais il lui demande tout de même un signe. Il n’oblige pas mais enjoint le Seigneur et pour cela il n’hésite pas à se mettre lui-même en danger.

Et nous ? plutôt que de demander des miracles et des signes au Seigneur, Sommes-nous prêts à tout risquer pour qu’Il réalise ses merveilles en nous ?

29 Jésus lui dit : « Viens ! »

Voilà une vocation, un appel ! à chacun de nous Jésus dit Viens !

Saurons-nous entendre cet appel ?

Pierre descendit de la barque.

Cette barque semble le seul rempart contre les vagues et le vent contraire, contre les flots. Descendre, c’est impossible…

Et nous, sommes-nous prêts à descendre de la barque, c’est-à-dire à quitter toute sécurité, à suivre Jésus au-delà du possible ?

et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.

On connait bien le texte :

« Mt 16, 24 Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.

Pierre marche derrière Jésus, en sortant de la Barque il renonce à lui-même. En marchant sur les eaux il affronte la mort et les esprits mauvais, il prend sa croix… »

Et nous ? Sommes-nous prêts à tout laisser pour Jésus et à le suivre sur les eaux, jusqu’à la Croix ?

30 Mais, voyant la force du vent, il eut peur

La foi est un combat. On pourrait penser que Pierre a fait l’essentiel et qu’il est vainqueur, mais la victoire, bien réelle qu’il remporte en sortant de la barque, n’est pas un acquis. Aussitôt, il doit livrer un nouveau combat, celui de la persévérance et là, il est vaincu par la peur.

Et nous, sommes-nous constants derrière le Christ, fidèle et persévérant dans le choix de Dieu ?

et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »

Quels que soient nos échecs, nos chemins sans issue, nos défaites, nous pouvons toujours crier vers le Seigneur.

31 Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit

Jésus, qui étend la main, c’est un signe fréquent : sur les malades, sur les enfants, sur les disciples qu’il envoie. Un geste que l’Eglise reprend pour les consécrations (Eucharistie, St Chrême, profession des religieux et ordination, et même pour les mariés). Jésus qui saisit, c’est aussi un signe sur de nombreux malades (la belle-mère de Pierre, la fille de Jaïre…) qui sont ainsi libérés de l’emprise de leur mal et passent sous le pouvoir libérateur du Christ.

Et nous, saurons-nous nous laisser saisir par le Christ ?

et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

Quand on voit tout ce qu’a fait Pierre : parler quand les autres crient, croire que c’est Jésus quand les autres voient un fantôme, descendre de la barque et commencer à marcher sur les eaux… le jugement « homme de peu de foi » nous parait sévère. Mais Jésus nous montre ainsi jusqu’où doit aller notre foi ; nous comprenons mieux pourquoi il prétend que nous n’en avons pas « gros comme un grain de moutarde ». Surtout, nous voyons que ce qui fait la vérité de la Foi, ce n’est pas un acte aussi fort soit-il, mais la constance d’une vie donnée…

Et nous ? Jusqu’où serions-nous allés ? aussi loin que Pierre ? Sommes-nous des hommes de peu de foi ? Sans doute, mais le savons-nous ? et pouvons-nous, comme le fils de l’épileptique, faire cette belle prière : « Oui Seigneur, je crois mais fais grandir en moi la foi » (cf Mc 9, 24)

32 Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.

Là où est le Christ, il n’y a pas de mauvais esprit : le vent tombe.

Et nous, savons-nous faire ce discernement par la paix : implorer le Seigneur et décider avec Lui puis vérifier que « le vent est tombé » pour être sûr que nous avons bien discerné la volonté de Dieu : il est avec nous, nous sommes en paix.

33 Alors, ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui,

Nous avons besoin de cette paix pour pouvoir adorer le Seigneur en vérité.

Et nous, savons-nous profiter du répit que Dieu nous donne parfois pour mieux nous approcher de lui ?

et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

La paix véritable mène à la Foi véritable car encore une fois, comme le dit St Augustin « mon âme se repose en paix sur Dieu seul »

Pouvons-nous faire nôtre cette profession de foi ? Et surtout, pouvons-nous identifier dans notre vie les moments où pour nous, cette fois a été mise en évidence par Dieu lui-même ?

En guise de conclusion : Cet épisode est évidement un miracle de Jésus comme tant d’autres, qui met en valeur sa toute puissance et donc sa divinité. Mais il met aussi en relief les combats que nous avons tous à mener et l’importance :

  • de la confiance pour ne pas rester seul,
  • de la foi pour croire que Dieu nous assiste et nous sauve,
  • de la persévérance pour rester avec lui et ne pas défaillir en chemin,
  • de la prière qui nous permet de recevoir sa paix et de l’adorer en vérité ?
  • de devenir ses intimes.

CONFIANCE  
FOI  
PERSEVERANCE
PRIERE
INTIMITÉ
Voilà les chemins nécessaires pour le Chrétien qui veut avec Jésus avoir part dans la barque et aller jusqu’à l’autre rive…