Pour continuer dans l’Espérance
Tous les ans pour ce dernier numéro d’août, je fais allusion à la série remarquable de saints que nous fêtons en ce moment : Saint Jean-Eudes, Saint Bernard, saint Pie Dix, la Sainte Vierge, Sainte Rose de Lima, Saint Barthélémy, Saint Louis, Sainte Monique, Saint Augustin, Saint Jean-Baptiste… mais cette année, Jubilé oblige, je voudrais vous en parler du point de vue de l’Espérance.
Regardons quelques-unes de ces figures :
- Du bouillant chevalier désireux de combats épiques, il a fait l’un des plus doux chantres de la Vierge Marie et des artisans de l’unité de l’Église : Saint Bernard ;
- De la pauvre esclave, il a fait une figure de proue du nouveau monde : Sainte Rose ;
- Du puissant et riche roi de France, il a fait un humble serviteur des pauvres : saint Louis ;
- De la maman inquiète pour ses fils, il a fait le modèle des mères persévérantes et exaucées : Sainte Monique ;
- Du jeune hérétique livré à ses instincts charnels, il fait un docteur de l’Église : Saint Augustin ;
- Du fils miraculeux de la vieillesse d’Elisabeth et Zacharie, il a fait « le plus grand des enfants des hommes » : saint Jean-Baptiste.
« Il » : c’est Dieu, bien sûr, et ce « il a fait », c’est cela notre espérance. Dieu part de ce qui est petit ou de ce qui semble impossible pour faire de réelles merveilles : voici notre espérance !
Et maintenant, regardons-nous un instant : petites paroisses excentrées dans le diocèse, appelées à fusionner, avec de moins en moins de bénévoles et une moyenne d’âge qui continue de grimper et des bancs toujours plus clairsemés à la messe dominicale… Quelle pauvreté, quelle petitesse… mais quelle Espérance !
Si Dieu fait des merveilles à partir de ce qui est petit, alors quelle merveille il fera de cette paroisse nouvelle ? Quelle merveille il fera de notre rentrée paroissiale et de la petite marche pèlerinage de l’après-midi ? Quelle merveille il fera à travers les quelques groupes de caté et le peu de jeunes de l’aumônerie ? …
Vous pouvez penser que ce sont là des rêveries ou de la « méthode Coué » (auto-persuasion) ou une manière de se rassurer à bon compte, mais moi, loin de me reposer sur ces visions pessimistes ou de croire qu’il n’y a plus rien à faire que de laisser Dieu agir, je décide d’en vivre et d’en faire le moteur de mon action en Dieu, car j’y vois l’Espérance qui faisait dire à saint Paul : « lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Cor 12, 10).
P. Christophe