Épiphanie

Dimanche 2 janvier 2022, Épiphanie du Seigneur (année C)

Évangile de Jésus Christ selon St Matthieu (Mt 2, 1-12)

01 Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem
02 et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
03 En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.
04 Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.
05 Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
06 Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »
07 Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;08 puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
09 Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.
10 Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.
11 Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
12 Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

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01 Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand.

Voici que l’Evangéliste situe de manière précise dans l’espace et un peu moins précise mais habituelle dans le temps. Il s’agit surtout de montrer que l’événement est historique : ce n’est pas un mythe, ce n’est pas une parabole, c’est un fait.

Et nous ? Savons-nous faire coïncider notre foi, notre science… Il n’y a pas de contradiction entre la foi, la science, l’Histoire… Mais savons-nous lier tous ces savoirs, tous nos savoirs pour renforcer notre foi ?

Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem

Des mages, c’est-à-dire des savants. Des scientifiques qui observent le monde et sans doute particulièrement le ciel. Leur science est sans doute à la foi astronomie et astrologie… Peu importe ! Ce sont des personnes reconnues et respectées à cause de leur science.
Venus d’orient… L’orient, c’est le mystère, l’orient, c’est aussi le lieu où le soleil se lève, la direction d’où viendra le Messie, le sauveur. Ils viennent donc du mystère comme le Messie dont les habitants de Jérusalem disent dans l’Évangile de saint Jean :
27 Mais lui, nous savons d’où il est. Or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est (Jn 7, 27)
À Jérusalem : Ils n’arrivent pas directement auprès du Seigneur mais à Jérusalem, la capitale, la ville sainte. Désormais, l’histoire de ces mages, étrangers, païens, entre directement dans l’Histoire du peuple élu, dans l’Histoire du Salut. En Jésus Christ et dès sa naissance, le peuple élu et les nations sont réunis et convoqués par la même personne. Le Salut prend déjà des allures universelles. On trouve d’ailleurs dans le psaume :
08 Qu’il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !
09 Des peuplades s’inclineront devant lui, ses ennemis lècheront la poussière.
10 Les rois de Tarsis et des Iles apporteront des présents. Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
11 Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront.
12 Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. (ps 71, 8-12)

Et nous ? Voulons-nous faire partie de cette humanité rachetée ? Accepterons-nous de suivre, de croire en un Dieu fait homme si mystérieux ? Pouvons-nous croire qu’Il est à ce point voulu se faire connaître ?

02 et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?

Nous apprenons la raison de leur venue : ils viennent pour un roi qui vient de naître. Mais surtout nous voyons qu’ils n’ont pas de doute. Ils affirment qu’il est né, ils savent qu’il est roi. Ils cherchent, ils se renseignent… Ils ont eu un signe mais ils ne se contente pas de suivre, ils sont actifs.

Et nous ? Sommes-nous de ces chrétiens qui réclamons toujours plus de signes ? Ou bien saurons-nous nous mettre en route, chercher Celui qui se laisse trouver ?

Nous avons vu son étoile à l’orient

Il y avait différentes annonces qui expliquent ce que disent les mages, par exemple :
16 oracle de celui qui entend les paroles de Dieu, qui possède la science du Très-Haut. Il voit ce que le Puissant lui fait voir, il tombe en extase, et ses yeux s’ouvrent.
17 Ce héros, je le vois – mais pas pour maintenant – je l’aperçois – mais pas de près : Un astre se lève, issu de Jacob, un sceptre se dresse, issu d’Israël. (Nb 24, 16-17)
Ou encore :
14 C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe :
15 Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations !
16 Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée. (Mt 4, 14-16)
La citation d’Isaïe a, elle aussi, des élans universels :
23 Pas la moindre lueur pour celui qui sera dans l’angoisse. Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, et la Galilée des nations.
01 Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi.
02 Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson (Is 8, 23 ; 241-2)

Alors ? Comment vivons-nous notre appartenance à cette famille de Dieu, cette Église du Christ ?

et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

L’acte de prosternation est un acte religieux de soumission et d’adoration. On le fait devant son Dieu ou son idole. Ainsi on peut lire dans l’Apocalypse :
10 Je me jetai à ses pieds pour me prosterner devant lui. Il me dit : « Non, ne fais pas cela ! Je suis un serviteur comme toi, comme tes frères qui portent le témoignage de Jésus. Prosterne-toi devant Dieu ! Car c’est le témoignage de Jésus qui inspire la prophétie. (Ap 19, 10)

Et nous ? sommes nous des adorateurs en esprit et en vérité, tels que Dieu les désire ? (cf Jn 4, 23)

03 En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,

Rappelons-nous que c’est ce même mot qui est utilisé pour la Vierge Marie qui reçoit l’annonce de l’ange. Et elle reçoit cette parole « sois sans crainte Marie » (Lc 1, 30). Il s’agit donc de peur… Mais pas n’importe quelle peur : quand les disciples vivent leur dernière soirée avec le Christ, alors qu’ils comprennent plus ou moins ce qui arrivera, le Christ leur demande « que votre cœur ne soit pas bouleversé » (Jn 14, 1) Il s’agit donc d’une peur qui ébranle toute une vie, toute une personne. Il est du coup intéressant de voir le Christ lui-même qui éprouve ce même sentiment quand il prophétise la trahison de Judas :
21 Après avoir ainsi parlé, Jésus fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. (Jn 13, 21)
Ce qui nous montre son humanité face à la mort. On avait aussi vu Jésus bouleversé devant la tombe de son ami Lazare. Cela montre qu’il ne s’agit pas seulement de peur mais d’émotion très profonde dans le cœur de l’homme. Ainsi était Hérode…

Et nous ? qu’est-ce qui nous bouleverse ? par quoi nous laissons-nous émouvoir ? Peut-être par compassion comme Jésus devant Lazare, peut être par peur ou par inquiétude comme Marie devant l’ange, Il nous faut à la fois savoir accueillir les événements et les sentiments qu’ils provoquent, et les dominer pour pouvoir marcher malgré eux ou avec eux vers le Seigneur

et tout Jérusalem avec lui.

Voici que nous découvrons une nouvelle dimension : Ce n’est pas seulement le roi qui inquiet à l’annonce de la venue d’un nouveau roi, c’est aussi le peuple qui est inquiet à cause de la peur du roi. Nous découvrons donc une dimension politique ou sociale. Nous découvrons les structures de péchés dont à parler si souvent la pape Saint Jean Paul II. Par la peur ou par d’autres moyens, le système oblige des personnes à faire du mal ou à protéger et servir ce qui le font. Ainsi, tout Jérusalem est, volontairement ou non, derrière le tyran.

Et nous ? sommes-nous lucides sur notre vie et notre temps ? Savons-nous faire des choix parfois difficile pour ne pas collaborer aux structures de péchés, à la culture de mort. Ou encore saurons-nous refuser la société du déchet (quand le plus pauvre est considéré comme un déchet à « retraiter ou à jeter) dénoncée par le pape François révolté par la condition des plus pauvres ?

04 Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,

Voici des gens, grands prêtres et scribes, qui ont consacré leur vie à l’étude de la Parole de Dieu. Ils cherchent le Bien, ils veulent que la volonté de Dieu soit connue et accomplie par tous en commençant par eux-mêmes. Mais voilà qu’ils vont se mettre au service du roi-tyran. Or ce roi Hérode est particulièrement connu pour sa violence et sa cruauté. Ils font ce pourquoi ils sont faits : expliquer et enseigner la Bible. Mais ils le font pour servir le tyran et non le bien. Voilà un bel exemple de détournement par les structures de péché. Personne n’ira reprocher à ces gens de remplir leur mission, mais cette mission a perdu son objectif à cause du roi dévoyé. Ce genre de situation est donc bien plus difficile à dénouer, à solutionner, car il ne s’agit pas de remettre des personnes dans le droit chemin mais de rendre une juste direction à de personnes qui font le bien mais qui sont utilisées par d’autres. Tout le procès de Jésus s’est fait ainsi :
17 Les foules s’étant donc rassemblées, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? »
18 Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus.
(…)
20 Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus. (Mt 27, 17-18, 20)

Et nous ? Notre seule chance de ne pas être manipulés et de revenir toujours vers Dieu, vers la mission qu’il nous confie. Il nous faut aussi réclamer de l’Esprit reçu à notre Confirmation tous les bienfaits des sept dons. Mais il nous faut surtout le Conseil et la Sagesse pour agir selon la volonté de Dieu. Il nous faut encore la force de l’Esprit pour faire ce qu’il nous conseille…

pour leur demander où devait naître le Christ.

Les mages ont parlé du « roi des juifs », mais Hérode comprend bien qu’il s’agit du Christ. Voici une preuve que connaissance de la Parole et foi sont deux choses différentes. De la même manière les démons savent qui est Jésus mais bien sûr ils ne croient pas :
23 Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier :
24 « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » (Mc 1, 23-24)
Ils parlent du sauveur en demandant « es-tu venu pour nous perdre ». Ils savent qui Il est mais ils ne croient pas en Lui. Ainsi Hérode sait que le Messie doit venir mais il ne veut pas de Lui.

Et nous ? Combien de fois avons-nous des certitudes dans notre tête, dans notre intelligence, qui ne sont pas encore descendues à notre cœur. Nous savons sans encore adhérer. La foi n’est pas encore active ou véritable. Parfois nous suivons les avis des autres (nos parents, nos catéchistes…) sans avoir fait nôtre la foi qui les habite.

05 Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée,

C’est la cité de David. Et nous savons et la promesse faite à David :
je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté.
13 C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal.
14 Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. (2 sam 7, 12-14)
Et du même coup, la cité elle aussi reçoit une promesse, celle qui est citée ensuite.

Et nous ? Savons-nous nous émerveiller de la façon dont Dieu tient ses promesses ? Sommes-nous dans l’action de grâce quand nous voyons comme Il avait annoncé ce qu’Il a fait ?

car voici ce qui est écrit par le prophète :

Il s’agit du prophète Michée. Il est entrain de prophétiser contre les peuples qui oppressent Israël et sur la protection que Dieu apportera. Alors est annoncée le Messie, celui qui délivrera définitivement Israël.

Et nous ? Avons-nous le regard suffisamment acéré et l’ouïe suffisamment fine pour repérer le Seigneur qui se révèle à nous en toutes circonstances ?

06 Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »

On trouve en Michée :
01 Et toi, Bethléem Éphrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens, aux jours d’autrefois.
02 Mais Dieu livrera son peuple jusqu’au jour où enfantera… celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les fils d’Israël.
03 Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom du Seigneur, son Dieu. Ils habiteront en sécurité, car désormais il sera grand jusqu’aux lointains de la terre,
04 et lui-même, il sera la paix ! (Mi 5, 1-4)
La version est légèrement différente mais le contenu est bien le même. Il est intéressant que la prophétie affirme Dieu livrera son peuple jusqu’au jour… et que le Christ naisse après les temps troublés des conquêtes grecques et romaines.

Et nous ? Sommes-nous assez conscients que le Seigneur peut se servir de tout pour faire grandir en nous le Salut. Souvent on entend : « si Dieu existe alors pourquoi… et si Dieu est bon alors comment permet-Il… » Mais nous, nous devrions savoir répondre Puisque Dieu existe, pourquoi t’inquiètes-tu de… et puisqu’Il est bon pourquoi n’es-tu pas dans la joie ? Dieu sauve, cela suffit ! saurons nous chanter avec Sainte Thérèse d’Avila : « que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie, celui qui tient à Dieu ne manque de rien, Dieu seul suffit »

07 Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;

Hérode les fait venir en secret. Il ne veut pas que cela se sache ou il n’assume pas ce qu’il fait. Rappelons-nous par exemple de ce que fit Nicodème :
01 Il y avait un homme, un pharisien nommé Nicodème ; c’était un notable parmi les Juifs.
02 Il vint trouver Jésus pendant la nuit. (Jn 3, 1-2)
Il y va de nuit parce qu’il n’assume pas encore comme le montre cet autre passage :
50 Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit :
51 « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? »
52 Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
53 Puis ils s’en allèrent chacun chez soi. (Jn 7, 50-53)
Quand il est mis en cause, il s’enfuit « chacun chez soi ».

Et nous ? Quel est notre courage face aux persécutions ? face aux interrogations ou aux moqueries ? Sommes-nous prêts à « rendre compte de l’Espérance qui est en nous » comme nous y invite saint Pierre (cf 1P 3, 15)

08 puis il les envoya à Bethléem,

Hérode fait ce qu’ils ont demandé, Hérode fait ce qu’il faut pour que le plan de Dieu s’accomplisse, mais Hérode le fait dans son intérêt et non pour plaire à Dieu. Il se sert de la Parole de Dieu à ses propres fins et Dieu se sert de lui pour son plan de Salut… Nous savons que Dieu peut faire sortir du bien même du mal :
20 Vous aviez voulu me faire du mal, Dieu a voulu le changer en bien (Gn 50, 20)
Et Saint Paul nous explique :
28 Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien (Rm 8, 28)
« Tout », cela signifie même le mal.

Alors ? Notre confiance doit être absolue, sans faille et très patiente. Même lorsque nous ne voyons que le mal, Dieu nous prépare du bien, mais saurons-nous l’attendre assez longtemps et l’accueillir quand il viendra ?

en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »

C’est une des caractéristiques du mauvais et de ceux qui le servent que de mentir. On trouve ainsi dans le psaume :
22 il montre un visage séduisant, mais son cœur fait la guerre ; sa parole est plus suave qu’un parfum, mais elle est un poignard. (Ps 54, 22)
On peut ajouter cet autre avertissement de Saint Paul :
13 Ces sortes de gens sont de faux apôtres, des fraudeurs, qui se déguisent en apôtres du Christ.
14 Cela n’a rien d’étonnant : Satan lui-même se déguise en ange de lumière.
15 Il n’est donc pas surprenant que ses serviteurs aussi se déguisent en serviteurs de la justice de Dieu  (2 co 11, 13-15)
Hérode lui aussi, se « déguise en serviteurs de la justice de Dieu.

Et nous ? sommes-nous toujours du côté de la vérité ? N’avons-nous pas tendance à nous servir de la foi ou de la Parole pour justifier nos actes même mauvais plutôt que de choisir la justice en changeant notre attitude et nos manières d’agir ?

09 Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.

Les mages ont fait ce qu’ils devaient et ils continuent à obéir. L’étoile ne les a pas conduits directement à Bethléem pour qu’ils passent à Jérusalem, pour que les prêtres et les scribes soient consultés, pour que les Écritures soient interrogées. Désormais, ils ne suivent plus seulement une étoile mais aussi la Parole. Pourtant l’Étoile est toujours là. Dieu guide ses fidèles comme Il l’entend et de façons multiples et variées…

Et nous ? Sommes-nous assez dociles pour nous laisser faire de multiples façons ? Et avons-nous assez soif de Dieu pour le chercher en toutes choses ?

10 Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.

Les mages éprouvent une grande joie. Or c’est précisément ce qu’avait annoncé l’ange aux Bergers :
10 Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple (Lc 2, 10)
La joie est donc le fruit de la présence du Christ dans le monde. Mais si nous allons plus loin nous trouvons :
Le jour du Baptême du Seigneur:
22 L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » (Lc 3, 22)
Et à sa Transfiguration :
05 Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! (Mt 17, 5)
Ainsi le Christ n’est pas seulement joie pour le monde mais joie pour Dieu-même. Enfin on trouve aussi :
21 À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint (Lc, 10,21)
Cette fois-ci c’est l’Esprit qui est source de joie. Nous en arrivons simplement à la conclusion que c’est la présence de Dieu (Fils ou Esprit) qui est source de la joie. Ce qui démontre l’assertion de st Paul :
Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité (Ga 5, 22)

Alors ? si Saint Paul nous donne de tels indices de la présence de l’Esprit en nous, saurons-nous le reconnaître et nous réjouir avec Lui ? et si nous ne le découvrons pas, voudrons nous travailler à porter un peu plus de ce fruit-là ?

11 Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;

On nous parle de maison et non pas d’étable. Les bergers viennent et trouve Jésus et sa mère toujours à Bethléem, non plus là où il est né mais dans une maison. Ce qui semble confirmer que le « manque de place dans la salle commune » n’était pas refus d’accueillir mais plutôt qu’il fallait un autre endroit pour l’accouchement. Pourtant ils sont encore là, à Bethléem. Or les parents sont partis à Jérusalem pour la présentation au temple donc les mages sont venus moins de 40 jours après la naissance. Aux bergers un signe était donné : un enfant dans une crèche, aux mages c’est l’étoile qui désigne l’enfant. L’ange, l’étoile et la Parole : tout désigne le Seigneur.

Et nous ? voulons-nous suivre le Christ pas à pas ? Accepterons-nous de nous laisser surprendre par les différents signes et moyens que Dieu choisira pour nous rejoindre, pour nous attirer vers Lui ?

et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui.

Ils reconnaissent l’enfant comme leur Dieu, ils l’adorent, comme les bergers l’ont fait avant eux.

Et nous ? unissons-nous aux bergers, aux mages et aux anges pour louer, adorer et contempler le Seigneur !

Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Ils offrent les cadeaux après avoir adoré leur Dieu. Ce sont des offrandes à leur Dieu.

  • L’or reconnaît la richesse de celui qui a tout créé :

Le monde et sa richesse m’appartiennent.
13 Vais-je manger la chair des taureaux et boire le sang des béliers ? (Ps 49, 12-13)

  • L’encens est le parfum qui est offert à Dieu
  • La myrrhe est une des composantes de l’embaumement rituel des juifs.

Et nous ? qu’avons-nous à offrir à Dieu ? Et surtout que lui refusons-nous ?

12 Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Ils ont des songes comme Joseph. Même s’ils ne sont pas du peuple élu, ils reçoivent malgré tout des songes et des avis de Dieu. Le plan de Dieu est bien universel…
Ils changent de chemin, c’est bien sûr pour éviter Hérode mais surtout c’est un signe de conversion : Ils ont rencontré le Christ, leur route change, ils se convertissent…

Alors ? Ne serait-il pas temps pour nous de nous convertir ?

En guise de conclusion :
Le récit de l’Épiphanie, la manifestation de Dieu au monde à travers les mages nous invite à l’Espérance.

  • Espérance de faire partie du peuple de Dieu qui s’élargit à tous les peuples et toutes les nations.
  • Espérance de trouver notre chemin vers ce Dieu qui nous guide de multiples façons et à travers de nombreux signes
  • Espérance de surmonter les épreuves, les structures de péchés et la civilisation de mort ou de déchets dans lesquels nous sommes plongés, puisque Dieu vient y apporter la paix et la justice
  • Espérance de pouvoir le contempler en vérité, sans nous laisser abuser par le « père du mensonge », car Dieu dévoile et protège de tous ses pièges.
  • Espérance enfin de pouvoir nous aussi emprunter de nouveaux chemins, de pouvoir nous convertir par la force de Dieu pour éprouver en nous la paix, la joie et tous les fruits de l’Esprit.